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Dans le dernier Saint-Laurent Express, nous vous présentions une entrevue avec Mme Sophie Brochu, présidente et chef de la direction de Gaz Métro. La voici dans son intégralité :

Biographie de Sophie Brochu :

Madame Brochu est active dans l’industrie énergétique depuis plus de 25 ans. Elle a entrepris sa carrière, en 1987, en tant qu’analyste financier chez SOQUIP (Société québécoise d’initiatives pétrolières). En 1992, elle est promue vice-préSophie Brochusidente. En 1997, elle se joint à Gaz Métro, en tant que Vice-présidente, Développement des affaires. En 2005, madameBrochu est nommée Vice-présidente exécutive. Depuis 2007, madame Brochu occupe le poste de Présidente et chef dela direction de Gaz Métro.

Madame Brochu est diplômée en sciences économiques de l’Université Laval, à Québec, où elle s’est spécialisée dansle domaine énergétique. Elle siège au conseil d’administration de la Banque de Montréal ainsi que de Bell Canada et de BCE Inc. Mme Brochu s’implique auprès de Centraide du Grand Montréal. Elle préside le conseil d’administration de Forces Avenir, un organisme qui encourage et célèbre l’engagement étudiant dans la communauté. Elle est également cofondatrice de La ruelle de l’avenir, un organisme qui lutte contre le décrochage scolaire dans les quartiers Centre-Sud et Hochelaga. Enfin, elle siège au conseil d’administration de la Fondation Lucie et André Chagnon.

1. Gaz Metro a établi une entente avec la Société des traversiers du Québec (STQ) pour l’approvisionnement de ses trois nouveaux traversiers qui seront propulsés au gaz naturel liquéfié (GNL). Que signifie pour votre entreprise cette première percée dans le transport maritime?

Ce tout premier contrat d’approvisionnement en GNL avec la STQ nous a ouvert un nouveau segment de marché. On observait l’évolution du gaz naturel comme carburant marin prendre de l’ampleur depuis un bon moment en Europe et ailleurs dans le monde. Avec cette entente historique avec la STQ, nous avons eu la confirmation qu’il y avait un réel intérêt dans l’industrie maritime au Québec pour le GNL.

Avec l’arrivée de ses nouveaux traversiers propulsés au GNL, la STQ marque deux premières importantes pour mettre le Québec à l’avant-plan. Tout d’abord, le F.-A.-Gauthier, qui assurera dès cette année la Traverse Matane-Baie-Comeau-Godbout pour les 40 prochaines années, est le premier traversier propulsé au GNL en Amérique du Nord, et le premier navire au GNL au Canada, toutes catégories confondues. Les deux autres traversiers au GNL de la STQ, qui prendront le relais de la Traverse Tadoussac-Baie-SainteCatherine au courant de l’année prochaine, seront les premiers navires au GNL construits au Canada, par le chantier Davie à Lévis.

En innovation, il faudra toujours un visionnaire, un pionnier, pour montrer la voie à toute une industrie et agir comme ambassadeur. La STQ est un de ces visionnaires très précieux pour le développement de ce nouveau marché.

2. Quel potentiel voyez-vous en termes de marché avec l’industrie maritime au Québec?

Le GNL est très pertinent pour des utilisations qui ont besoin d’une grande demande énergétique, donc il prend son sens auprès des plus grands consommateurs de carburant : vraquiers, traversiers, remorqueurs, etc. C’est dans ces créneaux, entre autres, que l’on estime le plus grand potentiel pour le GNL au Québec. À cela, on peut ajouter les transporteurs en provenance d’un peu partout dans le monde qui fréquentent les ports du Québec et qui pourraient générer une demande additionnelle en GNL.

Autres facteurs à ne pas négliger, le resserrement des normes environnementales et l’apparition de Zones d’émissions contrôlées (ZEC) dans le monde, qui limitent les taux d’émissions d’oxyde d’azote (NOx) et d’oxyde de soufre (SOx). Depuis janvier 2015, le système Saint-Laurent-Grands-Lacs est également assujetti à une zone d’émissions contrôlées, qui deviendra encore plus contraignante au cours des prochaines années. Dans ce contexte, les armateurs doivent évaluer leurs options pour se conformer à cette nouvelle réalité. À l’heure actuelle, le GNL offre l’une des meilleures solutions, et d’autant plus lors des activités de renouvellement d’une flotte. Je crois savoir que ces nouvelles réglementations ne sont pas étrangères au choix de la STQ pour le GNL.

3. Sentez-vous aujourd’hui que l’industrie du transport maritime au Québec va réellement opter pour le gaz naturel liquéfié comme carburant maritime? Selon vous, y aura-t-il une suite à votre entente d’approvisionnement avec la STQ ou celle-ci demeurera une exception?

Nous sommes confiants que d’autres armateurs emboîteront le pas.

Déjà, le Groupe Desgagnés a passé une commande pour deux nouveaux asphaltiers au GNL, dont il devrait prendre possession l’an prochain. Nos antennes nous indiquent que la grande majorité des groupes maritimes importants au Québec évaluent sérieusement le GNL comme solution énergétique plus propre.

Il est aussi à souligner que la commande de nouveaux navires au GNL par la STQ a fait en sorte qu’un chantier naval au Québec, le chantier Davie, a choisi de développer son expertise en GNL pour obtenir le contrat de construction. C’est là un autre signe de l’importance que le gaz naturel prendra sur le Saint-Laurent et les Grands Lacs au cours des prochaines années. À cela, on peut ajouter les transporteurs en provenance d’un peu partout dans le monde qui fréquentent les ports du Québec et qui pourraient générer une demande additionnelle en GNL.

4. En lien avec le secteur industriel et de services, notamment sur la Côte-Nord, qu’entrevoyez-vous comme possibilités de développement pour la filière GNL?

Une fois que des infrastructures de GNL seront accessibles dans les ports du Québec pour ravitailler les navires, il n’y a qu’un pas pour développer le créneau du transport de GNL par navire, notamment pour approvisionner des régions industrielles côtières comme la Côte-Nord, jusqu’au Grand Nord.

Si, aujourd’hui, l’utilisation du camion-citerne est privilégiée pour acheminer le GNL dans les régions non desservies par le réseau gazier, il est certain que le jour où la demande en volume et la distance à parcourir le justifiera, le transport du GNL par voie maritime deviendra réalité.

5. Gaz Métro est membre de la Sodes depuis 2013. Que signifie pour vous être membre de la Sodes?

Pour nous qui ne provenons pas de cette belle industrie, la Sodes est vraiment un point d’ancrage. Dès nos premières intentions d’approcher ce nouveau marché, la Sodes a été un partenaire essentiel qui nous a accompagnés et guidés dans nos démarches. Encore aujourd’hui, la Sodes demeure notre point de référence. Un grand merci!

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