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À la suite d’un article paru le 18 mars 2017 dans Le Devoir, le Bureau d’information maritime (BIM) souhaite apporter quelques précisions concernant les mesures de gestion des eaux de ballast des navires circulant au Canada.

D’abord, qu’est-ce que l’eau de ballast?

L’eau de ballast est essentielle pour garantir l’exploitation sécuritaire des navires marchands. Elle leur permet de naviguer à la bonne profondeur et d’en assurer la stabilité. Le ballastage est essentiel lorsqu’un navire transporte une lourde cargaison dans l’une de ses cales et une plus légère dans une autre, lorsqu’il voyage à vide ou lorsque la mer est agitée (Transports Canada). L’eau de ballast est pompée directement de la mer. L’ampleur des volumes qui doivent être pompés dans les ballasts dépend principalement des conditions météorologiques, de la charge du navire et de son itinéraire. Puis, à mesure qu’il est chargé de marchandises, le navire doit se départir d’une partie ou de la totalité de son eau de ballast pour maintenir son poids idéal. L’eau est alors rejetée à la mer (Port de Montréal).

Il est possible que des espèces aquatiques non-indigènes et potentiellement envahissantes soient introduites par le déchargement d’eaux de ballast. Toutefois, la réglementation internationale et canadienne, en vigueur depuis plusieurs années (respectivement 2004 et 2006), vise à contrer cette problématique.

Quelle est la réglementation en cours au Canada?

Au Canada, le Règlement canadien sur le contrôle et la gestion des eaux de ballast est entré en vigueur en 2006.

Selon ce règlement, les navires qui arrivent par l’océan dans les eaux sous juridiction canadienne doivent notamment :

  • Renouveler les eaux de ballast au large et, si les navires se dirigent vers les Grands Lacs, rincer les eaux résiduelles, et/ou
  • Traiter les eaux de ballast (selon les normes de l’Organisation maritime internationale), et/ou
  • Retenir les eaux de ballast à bord, et/ou
  • S’en défaire dans une installation de réception portuaire.

Tous les navires ont l’obligation d’envoyer un formulaire de rapport sur l’eau de ballast. Des inspecteurs de Transport Canada montent à bord pour vérifier les documents du navire et pour s’assurer que l’équipage est au courant des procédures de gestion des eaux de ballast. La totalité des rapports sur les eaux de ballast est vérifiée, 365 jours par année.

En ce qui concerne le réseau des Grands Lacs et du Saint-Laurent, tous les navires qui entrent dans la Voie maritime du Saint-Laurent en provenance de l’extérieur de la zone économique exclusive du Canada sont inspectés dans le cadre d’un programme binational avant de pénétrer dans les Grands Lacs (Transports Canada). Les exigences de gestion de l’eau de ballast dans le réseau Saint-Laurent – Grands Lacs figurent parmi les plus rigoureuses au monde. La réglementation conjointe entre la Garde côtière américaine, la Sécurité et sûreté maritimes de Transports Canada (SSMTC) et de la Voie maritime sur l’eau de ballast exigent notamment :

Y a-t-il d’autres mesures à part ce règlement?

Au niveau international, l’Organisation maritime internationale (OMI), une agence des Nations Unies, se penche sur les espèces envahissantes provenant des eaux de ballast depuis les années 1980. Des directives visant à traiter le problème ont été adoptées en 1991 et l’OMI a ensuite œuvré à l’élaboration de la Convention sur la gestion des eaux de ballast, adoptée en 2004. Cette convention entrera en vigueur le 8 septembre 2017 (OMI). Selon la convention, les navires seront tenus de gérer leurs eaux de ballast pour éliminer ou rendre inoffensifs les organismes aquatiques nuisibles et les agents pathogènes présents dans les eaux de ballast et sédiments, ou pour empêcher qu’ils soient admis dans ces eaux et sédiments ou rejetés avec eux. En plus de rincer les réservoirs d’eau de ballast à l’eau de mer, tous les navires comportant un risque de contamination devront installer à leur bord un système destiné à traiter les eaux de ballast et à éliminer les organismes indésirables.

Quels sont les résultats de la réglementation canadienne?

Une recherche indépendante effectuée par le secteur des sciences de Pêches et Océans Canada indique que le risque d’introduction d’espèces aquatiques envahissantes dans les Grands Lacs par l’eau de ballast a été réduit à des niveaux extrêmement bas. La recherche scientifique a démontré que ce programme est efficace, et les chercheurs ont recommandé de l’étendre à d’autres écosystèmes d’eau douce partout dans le monde (Transports Canada).

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