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Article de Jean-François Cliche sur l’érosion des berges publié dans Le Soleil, le 27 septembre 2015 :

Article : Les mangeuses de rive

(Québec) «J’aimerais savoir si la grosseur et la vitesse des bateaux sont responsables de l’érosion des berges du Saint-Laurent. Les vagues qui frappent les berges à longueur d’année sont beaucoup plus grosses qu’il y a 30 ou 40 ans», nous écrit Maryse Aubin.

Il est vrai que le trafic maritime s’est beaucoup accru depuis 30 ou 40 ans, tant dans le nombre que dans la taille des bâtiments. Mais, de manière générale, «je ne vois pas de gros signal d’alarme au sujet de l’érosion causée par des vagues de bateau», dit d’emblée Jannette Frandsen, chercheuse en ingénierie des côtes au centre Eau, Terre et Environnement de l’INRS, et qui travaille justement avec un énorme «générateur de vagues» flambant neuf pour recréer les conditions de vagues et d’érosion des berges.

«Ce qui saute aux yeux en premier, ce sont les vagues de grande amplitude, celles qui viennent avec les tempêtes, poursuit-elle. Les vagues modérées comme celles des bateaux vont elles aussi éroder les plages, elles font leur part de dommage, mais aussitôt qu’une tempête survient, ça efface tout et ça va changer la géométrie de la plage rapidement et significativement.»

Bien sûr, tout cela dépend (pas mal) de l’endroit où l’on se trouve. Sur certains plans d’eau, comme de petits lacs ou des rivières étroites et tranquilles, il peut y avoir presque pas de vague – du moins, jamais de grosses. Dans de tels cas, si des plaisanciers commencent à circuler régulièrement avec des embarcations à moteur assez puissantes, leurs vagues endommageront les berges à coup sûr.

Mais ce n’est pas la situation qui a cours dans le Saint-Laurent, dit Mme Frandsen. En aval de Québec et dans tout le golfe, ce sont surtout les vagues créées par le vent et particulièrement les tempêtes qui grugent les rivages. «En amont de Québec et en allant vers Montréal, je ne crois pas que le vent produise des vagues problématiques», ajoute-­t-elle. Dans ce secteur, ce sont surtout les marées et les courants qui causent de l’érosion, estime la chercheuse.

D’après un document de la Garde côtière, dans les secteurs les plus larges du fleuve, le batillage n’est responsable que de 2 à 5 % de l’énergie qui gruge les rives, mais dans les chenaux les plus petits- comme ceux que l’on voit entre certaines îles, à la hauteur de Montréal -, cela peut atteindre de 95 à 98 %.

Fait intéressant, la physique des vagues et de leurs interactions avec les rives n’est pas encore très finement comprise. Dans ses installations de Québec, Mme Frandsen génère des vagues pouvant mesurer 1,5 mètre de haut, les envoie dans un canal de 120 mètres de long sur 5 de large et de profond, puis mesure les forces de pression à l’autre bout du canal. «Et ce que l’on voit, c’est que ces pressions-là semblent aléatoires. On est littéralement incapable de prévoir jusqu’à quel point les pressions mesurées sur le mur du fond seront fortes ni à quel endroit du mur elles seront les plus fortes.»

Histoire à suivre, donc…

Autre source

GARDE CÔTIÈRE. L’érosion des rives par le batillage, s.d.

 

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