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À la suite d’un article paru le 7 mai 2016 dans le Journal de Québec et le Journal de Montréal, quelques précisions sont nécessaires concernant les bruits sous-marins causés par le trafic maritime et leurs impacts sur les mammifères marins. Le Bureau d’information maritime (BIM) vous informe que :

1. Absence d’autopsie
Tel que mentionné dans l’article, aucune autopsie n’a été effectuée sur le petit rorqual qui a été retrouvé échoué sur les rives de Saint-Nicolas, le 1er mai. Il sera donc impossible de savoir si le mammifère marin a subi des dommages à l’appareil auditif et donc, s’il existe une réelle corrélation entre les bruits sous-marins et le fait qu’il se soit échoué.

2. Impacts des bruits provenant du trafic maritime
Les sons produits par les navires commerciaux sous l’eau sont des bruits en continu et à basse fréquence. Ainsi, ils peuvent entraîner des effets négatifs sur les mammifères marins, tels que des difficultés dans leur capacité à communiquer entre individus, à naviguer, à localiser des proies, à fuir des prédateurs, à éviter des dangers, à se reposer et se reproduire. Compte tenu de la nature du bruit, il est très peu probable qu’ils puissent engendrer des dommages à l’appareil auditif, contrairement aux explosifs ou aux sonars par exemple.

3. Aire normale de distribution des mammifères marins
Dans l’article, il est indiqué que « le trafic maritime dans la région de Québec crée un environnement hostile pour les mammifères marins. » Il n’en est rien. Le fleuve dans la région de Québec ne fait pas partie de l’aire de distribution normale des mammifères marins, qu’il y ait ou non trafic maritime. L’eau n’y est pas salée et n’offre pas tout ce dont les espèces ont besoin pour survivre. Le trafic maritime n’y est donc aucunement responsable.

4. Initiatives en cours et à venir
Plusieurs initiatives ont été mises sur pied soit par l’industrie maritime ou par le gouvernement fédéral afin d’assurer une meilleure protection des mammifères marins dans l’estuaire du Saint-Laurent en lien avec la problématique des bruits sous-marins.

  1. L’Alliance verte, le programme de certification environnementale nord-américain pour l’industrie maritime, a créé un groupe de travail pancanadien sur les bruits sous-marins afin de développer un indicateur de performance à intégrer dans son programme. Les premiers balbutiements de ce nouvel indicateur ont débuté en 2014 et ont été initiés par les participants (membres de l’industrie maritime).
  2. Le Groupe de travail sur le transport maritime et la protection des mammifères marins (G2T3M) a été mis sur pied en 2011 et est coprésidé par Pêches et Océans Canada et Parcs Canada. Des organismes de protection et de recherche sur les mammifères marins, des membres de l’industrie maritime et des chercheurs, entre autres, y participent. Depuis le 31 mai 2013, le groupe de travail a mis sur pied des mesures volontaires applicables au passage des navires marchands et de croisière dans certains secteurs de l’estuaire du Saint-Laurent. Ces lieux sont reconnus pour leur population résidente de bélugas et la présence d’une grande diversité de mammifères marins qui y migrent pour s’alimenter. La mesure volontaire vise donc la réduction du risque de collision entre les navires et les mammifères marins.
  3. Pêches et Océans Canada a reçu une réponse favorable de l’industrie quant à une participation à un groupe de travail qui se penchera sur l’élaboration d’un plan d’action dans l’estuaire pour les bélugas, dont le bruit a été identifié comme source importante de dérangement.
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