L’OMI a établi des exigences strictes touchant les émissions de SOx, NOx et de matières particulaires (PM). Les eaux côtières du Canada (incluant les eaux du bassin Saint-Laurent―Grands Lacs) font partie de la zone de contrôle des émissions de l’Amérique du Nord, à l’intérieur de laquelle les normes d’émission sont encore plus sévères. Pour réduire leurs émissions atmosphériques, les navires ont plusieurs options, dont l’utilisation de carburants plus propres (p. ex. gaz naturel liquéfié) ou le recours à des solutions technologiques (épurateurs)).

Systèmes de traitement des gaz d’échappement ou épurateurs

Les épurateurs ont pour but d’éliminer les oxydes de soufre dans les gaz d’échappement avant que ces derniers soient rejetés dans l’atmosphère. Leur principal avantage est de permettre aux armateurs de continuer à utiliser du carburant lourd, moins cher que les carburants plus raffinés. Cependant, ce ne sont pas tous les navires qui sont conçus pour recevoir des épurateurs et des ajustements coûteux sont souvent nécessaires.

Il existe plusieurs types d’épurateurs et ceux-ci sont classifiés en fonction de la technologie employée pour nettoyer les particules.

Les deux grandes catégories d’épurateurs sont les systèmes à sec et les systèmes mouillés. Les systèmes mouillés sont ensuite divisés en deux sous-catégories, selon qu’ils opèrent en circuit fermé ou en circuit ouvert.

Le circuit ouvert utilise les propriétés alcalines (salées) de l’eau de mer pour neutraliser les SOx présents dans les gaz d’échappement.

Le circuit fermé utilise de l’eau fraîche mélangée à de la soude caustique pour former une solution alcaline. Cette solution neutralise ensuite les SOx présents dans les gaz d’échappement. Le circuit fermé est mieux adapté pour les navires opérant dans des eaux peu alcalines (non salées), telles que les Grands Lacs. Dans les deux cas, l’eau usée contenant les résidus est traitée avant d’être rejetée à la mer.

L’utilisation d’un épurateur permet de réduire les émissions de SOx de plus de 90 % et les émissions de particules de 60 à 90 %.(Source: Ce Delft mars 2015, Scrubbers – An economic and ecological assessment)

Aujourd’hui, quelques navires circulant sur le Saint-Laurent et dans les Grands Lacs sont équipés d’un épurateur.

Système de propulsion hybride diesel-électrique ou diesel-gaz naturel liquéfié (GNL)

Les systèmes de propulsion hybride diesel-électrique ou diesel-GNL utilisent des moteurs qui peuvent être alimentés soit au diesel, soit à l’électricité ou au gaz naturel. L’objectif étant de profiter des avantages environnementaux que procure l’utilisation de GNL ou des batteries électriques tout en gardant une certaine flexibilité d’opération.

Dans le Saint-Laurent, la Société des traversiers du Québec (STQ) a été avant-gardiste en lançant, en 2013, un premier traversier à propulsion diesel-électrique, le NM Peter-Fraser qui assure la traverse de l’Île-Verte. La STQ a également été la première en Amérique du Nord à faire construire un traversier propulsé au GNL, le F.A. Gauthier, entré en service en 2015 et assurant la liaison entre Matane et la Côte-Nord.

Un autre exemple de leadership en la matière a été démontré par le Groupe Desgagnés qui a commandé la construction de quatre navires-citernes à propulsion à bicarburation. Leur principale caractéristique est de pouvoir être alimentés par trois types de carburants différents, soit du diesel, du mazout lourd ainsi que du GNL.  De cette commande, le N/C Damia Desgagnés livré au printemps 2017, est le  premier navire-citerne sous pavillon canadien à propulsion à bicarburation et le premier asphaltier au monde de ce type.

En opérant en mode GNL, les émissions de NOx sont réduites de plus de 85 %, les GES de 25 à 30 % et les émissions de SOx et de particules le sont presque complètement.

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