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Article de Stéphanie Martin publié dans le Journal de Québec, le 19 septembre 2015 :

Nickel dans l’air à Limoilou: pas de danger pour la santé, statue la santé publique

Le nickel dans l’air de Limoilou ne présente pas de danger pour la santé, soutient le Directeur de santé publique, qui a maintenant l’intention de se pencher sur les autres contaminants qui polluent l’air du quartier.

Le Directeur de santé publique (DSP), le Dr François Desbiens, a rendu mardi un avis complémentaire à celui publié en 2013 à la suite de l’épisode de poussière rouge sur le quartier Limoilou un an plus tôt. À l’aide de données recueillies en 2014, des dernières normes du ministère de l’Environnement et d’une méthode d’évaluation du risque, il conclut qu’il est «peu probable» que le nickel présent dans l’air du quartier cause des effets chroniques comme de l’asthme, des bronchites ou une fibrose pulmonaire.

Le DSP ajoute qu’un «très petit nombre de cas de cancer liés au nickel pourrait être observé». Sur toute la population de Limoilou, moins d’une personne pourrait développer un cancer lié à l’inhalation de nickel sur une période de 70 ans.

Quant aux problèmes allergiques, le DPS se fait plus affirmatif qu’en 2013 et conclut maintenant qu’«on ne croit pas que ça (le nickel) peut être contributif à des dermatites de contact», a spécifié la Dre Caroline Huot, médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive et rédactrice principale de l’avis. «Ça a été observé à des doses beaucoup plus élevées que celle qu’on pourrait s’attendre à voir dans Limoilou.»

Le DSP a énuméré une série de recommandations pour les entreprises responsables de la dispersion du nickel. Il recommande d’utiliser des bonnes pratiques de manutention et d’entreposage dans l’utilisation du nickel, de profiter des technologies disponibles pour minimiser le largage dans l’air, de surveiller l’émission des polluants à la source et près des quartiers habités, de partager les données recueillies et d’assurer un suivi.

Le Port, a souligné le Dr Desbiens, s’est doté de ses propres stations d’échantillonnage, mais pour l’instant, il ne communique pas les données recueillies.

En juillet dernier, Le Journal avait dévoilé en exclusivité le contenu du présent avis, ayant obtenu le document de travail. Dans celui-ci, on s’inquiétait de la présence d’autres contaminants «préoccupants» pour la santé de la population de ce secteur. Le directeur de la DSP avait noté la présence de particules fines, d’oxyde d’azote, de monoxyde de carbone, d’ozone et de dioxyde de soufre.

Cet aspect n’était plus présent dans l’avis présenté aux médias mardi. Le Dr Desbiens a expliqué qu’après consultation avec les organisations qui ont fourni des informations, on a choisi de cibler uniquement le nickel. «Pas pour minimiser la contribution des autres polluants sur la santé de la population de Québec», a-t-il insisté. Mais des études sur la qualité de l’air viendront plus tard, dit-il.

«C’est un objectif que nous avons. Nous allons poursuivre les discussions avec le comité intersectoriel» qui regroupe diverses entreprises ainsi que la Ville, le Port et le ministère de l’Environnement.

Mardi matin, en impromptu de presse, le maire de Québec, Régis Labeaume, a réitéré que l’objectif à atteindre est l’absence complète de nickel dans l’air de Limoilou. «Il faut qu’on soit nickel zéro éventuellement. Vous allez voir comment on va s’occuper de ça. C’est nickel zéro. C’est ça que ça prend.»

Le maire a ajouté que les risques pour la santé ont été largement exagérés, selon lui, et que la DSP avait fait le point après la publication de notre reportage. «La DSP avait dit juste avant les vacances d’été que tout ça avait été nettement exagéré et que c’était aussi de la désinformation.»

– Avec la collaboration de Taïeb Moalla

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