Lire la suite
Voir toutes les nouvelles

Article de Mathieu Dupuis du Journal de Québec, publié le 17 janvier 2016.

Caboter de Rimouski à Blanc-Sablon, une expérience inoubliable

La Basse-Côte-Nord est un secret bien gardé au Québec, en apparence hors de portée de par sa relative inaccessibilité. Et pourtant, ceux et celles qui ­acceptent de partir à l’aventure par la «mer» jusqu’à Blanc-Sablon verront un monde surprenant se révèler sur le trajet «Relais Nordik».

C’est à bord du Bella Desgagnés que ­l’expérience se vit. Une fois par semaine, d’avril à janvier, le navire de 97 mètres assure la ­liaison et le ravitaillement des communautés isolées de la ­Basse-Côte-Nord. Le voyage jusqu’à Blanc-Sablon s’effectue en quatre jours et trois nuits. Le trajet est ponctué de onze escales qui surviennent à toute heure du jour et de la nuit. Le retour se fait quant à lui en deux jours aux mêmes ports, mais cette fois, en version abrégée et à des heures ­différentes.

Caboter sur la Basse-Côte-Nord, c’est vivre au rythme de la mer, vivre au rythme de ses éléments. C’est observer le travail du ­capitaine et de son équipage. À l’image de l’aviation de brousse, ils négocient les passages parfois étroits avec de forts ­courants. Ils effectuent des accostages à quai pouvant être houleux et où la moindre fausse manœuvre ­pourrait endommager le navire. Les opérations de cargo se font dans des conditions qui requièrent doigté et finesse de la part du grutier. Le Bella Desgagnés est équipé d’une grue d’une ­capacité de 40 tonnes. Elle est si grosse qu’elle pourrait même soulever et transporter un ­motorisé comme «bagage».

Dépaysant
De Sept-Îles à Natashquan, les habitués de la Côte-Nord resteront en terrain connu. Mais à mesure que le navire s’éloigne vers l’est, on découvre un monde où le dépaysement est au rendez-vous. Au gré d’escales comme Kegaska, La Romaine, Harrington Habour, Tête-à-la-Baleine, La Tabatière, Saint-Augustin, la Basse-Côte-Nord se laisse apprivoiser. Si ce n’était d’une signalisation typiquement québécoise, on pourrait facilement se croire dans une contrée lointaine en pleine Scandinavie. Une expérience intéressante pour un voyageur qui serait à court d’idée de destinations en sol québécois.

Le matin du 4e jour en «mer», la fébrilité est palpable sur le 8e pont du Bella Desgagnés. Dès l’apparition du premier rayon de soleil, les yeux sont rivés sur le détroit de Belle Isle. D’un côté, on aperçoit Terre-Neuve. De l’autre, les rives morcelées de la Basse-Côte-Nord. Ce n’est pas fini, le clou du spectacle est devant nous! Les premiers icebergs du trajet surgissent au loin. Ce ­matin, nous sommes chanceux. Après des jours de navigation dans un épais brouillard, une quinzaine d’icebergs scintillent sous un ciel sans nuage. D’un ­regard émerveillé derrière ma lentille, je capture ces images précieuses, qui me sont tout à fait inhabituelles.

Source : Le Journal de Québec

BACK